L’UPC PUB change et devient UPC CRÉA. Avec UPC CRÉA, l’union des producteurs de contenus créatifs acte une rupture : la fin d’une lecture obsolète du métier de producteurs et créateurs de contenus audios et visuels

Explications de Xavier Prieur, délégué du collège UPC CRÉA de l’Union des Producteurs de Cinéma.

 

Pourquoi faire évoluer UPC PUB vers UPC CRÉA ?

Pendant longtemps, notre organisation représentait les producteurs de films publicitaires. Mais ce n’est plus la réalité de notre métier.

Aujourd’hui, nos adhérents produisent des films publicitaires, bien sûr, mais aussi des clips musicaux, des contenus digitaux, des podcasts, des courts métrages, du brand content, des formats destinés aux réseaux sociaux ou encore des expériences interactives. Ils développent des concepts, accompagnent les marques dès la conception créative et travaillent de plus en plus en direct avec les annonceurs, c’est-à-dire sans passer par des agences de communication.

Continuer à parler uniquement de « publicité » ne correspondait plus à ce que nous faisons réellement. UPC CRÉA n’est donc pas un simple changement de nom : c’est la reconnaissance d’une transformation profonde de notre profession.

 

Pourquoi avoir choisi le terme « création » ?

Parce qu’il décrit mieux la valeur que produisent aujourd’hui nos entreprises. Nos sociétés ne sont plus uniquement des exécutants techniques. Elles participent à l’écriture des projets, à leur direction artistique, au développement de nouveaux formats et à l’innovation créative.

Le mot CRÉA reflète cette évolution. Il permet également de fédérer tous les producteurs de contenus créatifs, quels que soient leurs supports de diffusion.

En outre, nos producteurs et productrices collaborent désormais en majorité directement avec les annonceurs donc doivent intégrer une part de création artistique supplémentaire lors de l’élaboration de leurs projets. Cela se fait en recrutant des DA ou en développant ses compétences en interne.

 

Que change concrètement cette réforme ?

Nous avons souhaité structurer clairement notre activité autour de trois grands pôles.

Le premier regroupe la production publicitaire au sens large : films (TV ou internet), photographie et production sonore (pub radio).

Le deuxième est consacré au podcast, un secteur qui connaît une croissance importante et qui fait désormais partie intégrante de l’écosystème de la création. Ce secteur est financé en grande partie par la publicité.

Le troisième rassemble l’ensemble des contenus créatifs courts : clips, brand content, contenus digitaux, formats sociaux, influence, courts métrages ou expériences interactives.

Cette organisation reflète enfin la réalité quotidienne des producteurs.

Nous avons déjà pris attache avec des syndicats représentants ces différents acteurs et certains sont prêts à nous rejoindre. Maintenant que notre organisation est prête, nous allons, dans les années qui viennent, rassembler certaines organisations, certains collectifs qui sont déjà constitués.

 

Pourquoi cette évolution est-elle importante aujourd’hui ?

Parce que notre secteur traverse une période de mutation très rapide.

Les frontières entre publicité, divertissement, création numérique et communication sont devenues beaucoup plus poreuses. Les talents circulent d’un univers à l’autre, les formats se multiplient, les modèles économiques évoluent.

Notre organisation professionnelle devait évoluer au même rythme pour continuer à représenter efficacement ses adhérents.

Nous voulons également renforcer notre capacité à défendre la profession auprès des pouvoirs publics, des institutions et de l’ensemble des acteurs du marché.

 

Cette réforme traduit-elle aussi une évolution économique ?

Très clairement. Depuis plusieurs années, beaucoup de sociétés diversifient leurs activités afin de moins dépendre du marché traditionnel des agences.

Le développement du direct annonceur, des contenus éditoriaux, du podcast ou des formats digitaux permet à de nombreuses entreprises de maintenir leur activité, de préserver leur trésorerie et parfois même d’assurer leur développement.

Notre rôle est aussi d’accompagner cette diversification et de lui donner une véritable reconnaissance professionnelle.

Notre métier a changé. Il était temps que notre organisation le reflète.

 

Quelle place occupera UPC CRÉA au sein de l’UPC ?

L’autre grand collège de l’UPC est le collège de producteurs de longs métrages. Nous nous voyons comme une pépinière de talents alimentant ce collège. Il y a déjà une grande perméabilité entre nos producteurs et productrices. Une grande majorité des sociétés adhérentes au collège UPC CRÉA produisent aussi des longs métrages.

C’est souvent dans la production créative que naissent les nouveaux talents, les nouvelles écritures et les nouvelles façons de raconter des histoires.

Les réalisateurs, techniciens, auteurs ou créateurs qui travaillent aujourd’hui sur des films publicitaires, des podcasts, des clips et des formats courts collaboreront demain dans le cinéma, les séries et les unitaires.

Nous sommes convaincus que la production créative constitue aujourd’hui un véritable laboratoire d’innovation.

 

Quel message souhaitez-vous adresser aux professionnels ?

Cette réforme est avant tout un message de confiance. Notre secteur change, mais il est extraordinairement dynamique.

Les producteurs français disposent d’un savoir-faire reconnu dans le monde entier. Ils savent inventer de nouveaux formats, accompagner les évolutions technologiques et répondre aux attentes des marques comme des plateformes.

UPC CRÉA a vocation à fédérer cette énergie, à défendre les intérêts de la profession et à donner une visibilité institutionnelle à un secteur devenu essentiel dans l’économie de la création.

Nous ne faisons pas disparaître l’héritage d’UPC PUB ; nous lui donnons simplement une dimension plus large, plus fidèle à la réalité du métier et plus tournée vers l’avenir.

 

Y a-t-il d’autres évolutions ?

Oui. Dans le cadre de l’évolution de sa gouvernance, l’UPC CRÉA a procédé à une réorganisation de son conseil de direction. Tout d’abord, il faut souligner la contribution précieuse de notre vice-président Patrice Haddad et d’Antoine Vallette de la société Première Heure au cours des deux dernières années de mandat pour accompagner les travaux et le développement de l’organisation. Nous les remercions chaleureusement pour leur engagement, leur disponibilité et la qualité de leurs conseils.

Lors de notre dernière assemblée, nous avons donc présenté nos deux nouveaux vice-présidents :

Hugo Diaz, producteur chez Henry

Maximilien Rivolet, producteur chez Obvious

Cette nouvelle configuration vise à renforcer la dynamique collective du conseil de direction et à accompagner les enjeux à venir de la profession.